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« dérangeant dans le fond comme la forme, qui bouscule l’ordre établi »
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« Assurément divertissant et probablement plus personnel qu’il n’y parait (...) mais en retrait sur le fond comme la forme »
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« film éminemment sensuel et volontiers polémique sur le désir et la liberté »
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« Annihilation ne manque pas d'idées, d'ambitions ni de volonté »
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« reconstitution historique minutieuse, ode à l'art et à l'esthétique rétro du début de siècle »
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« Ames sensible abstenez vous, ou allez-y en groupe »
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« blockbuster passionnant,(...) immersif et audacieux, mais certainement clivant »
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« Du cinéma d’épouvante comme l’on n’en croise pas tous les jours »
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« joyeux n'importe quoi sans queue ni tête (...) à l'extrême opposé de l'expertise quasi savante d'un INTERSTELLAR»
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« Une esthétique à couper le souffle (...) un travail personnel »
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RICH IN LOVE (1992)

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Manu  le 27/03/2020 à 09:41
Réalisé par Bruce Beresford
Avec Albert Finney, Kathryn Erbe, Kyle MacLachlan, Piper Laurie, Jill Clayburgh.
Film américain
Genre : Comédie dramatique
Durée : 1h 45min.
Année de production : 1992
Titre français : L'amour en trop

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Cinquième long métrage de l’australien Bruce Beresford tourné sur le sol américain, après notamment Tender mercies et Driving Miss Daisy, Rich in love est l’adaptation du roman éponyme de Josephine Humphreys, publié en 1987. Le film se situe dans la carrière d’Albert Finney entre le drame romantique The Playboys de Gillies MacKinnon et la version « Figgienne » de The Browning version, également interprétée par Greta Scacchi. Notons enfin que le film est dédié à Georges Delerue, disparu juste après avoir achevé l’enregistrement de la partition du film.

A l’exception notable du récemment découvert Tender mercies et de son méconnu (et, il est vrai, beaucoup plus lointain dans mon souvenir) Black robe, le cinéma du ponctuellement encensé Bruce Beresford ne m’a jamais franchement emballé, loin de là même… L’envie de redécouvrir de ce titre nineties globalement passé sous tous les radars - échec critique et, plus encore, financier en son temps - m’a pourtant piqué, encouragé peut-être par l’envie de rendre un tardif hommage à l’immense Albert Finney, disparu l’an dernier.

Verdict : un grand merci aux acteurs et à Delerue, et une petite accolade à Beresford tout de même. Aux premiers car l’assurance tranquille de Finney, l’énergie de Kathryn Erbe, l’aura toujours un peu lunaire de Kyle McLachlan (dans un presque contre-emploi), et les petits coucous de Piper Laurie, Jill Clayburgh et Ethan Hawkes, sans tout ce joli monde délicatement accompagné de Georges et ses accords romantiques magiques, le résultat ne ressemblerait au mieux qu’à un anonyme téléfilm Lifetime.

Au second car s’il faut bien reconnaitre un talent à Bruce Beresford - du moins dans sa carrière américaine, je ne connais que celle-ci - c’est de savoir habilement exploiter les cadres géographiques qu’il investit, parvenant souvent à en faire une composante essentielle, un personnage à part entière de son récit. Disposition que l’on retrouve pleinement dans la description, certes plus folklorique qu’anthropologique, de la petite communauté portuaire de Charleston, et du temps de métrage accordé à l’observation de cette fascinante grande demeure coloniale en bord d’estuaire, dans laquelle se jouent la plupart des drames de cette histoire centrée sur les complexes liens entre amour et famille.

Il y a donc du bon, dans ce Rich in love. Mais également du très moyen, expliquant sans doute sa relégation à une discrète mise au placard, en dépit de son casting de luxe. Un « très moyen » essentiellement centré autour de l’écriture, comme soulignée plus haut, nageant dans les facilités mélodramatiques, l’imagerie d’Epinal et les considérations existentielles de repas dominical.

En résumé, beaucoup de talents au service d’un matériel scénaristique par trop inconsistant, pour un résultat malgré tout plaisant, si indéniablement mineur.

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3.7
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THE TALE (2018)

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Manu  le 26/03/2020 à 18:55
Réalisé par Jennifer Fox
Avec Laura Dern, Jason Ritter, Common, Elizabeth Debicki, Ellen Burstyn.
Film américain
Genre : Drame
Durée : 1h 54min.
Année de production : 2018
Titre français : Le Passé recomposé

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The Tale est le premier long métrage de fiction de la documentariste Jennifer Fox. Ecrit et coproduit par Fox, le film s’inspire de la propre histoire de la réalisatrice. Il a été présenté au festival de Sundance en 2018 et marque les retrouvailles à l’écran entre Laura Dern et Ellen Burstyn, quelques 44 ans après l’Alice doesn’t live here anymore de Martin Scorsese (dans lequel Dern ne faisait toutefois qu’une simple apparition). Drame de la pédophilie raconté par quelqu’un l’ayant vécu dans sa chair, The Tale ne tient clairement pas du classique film à thèse conçu dans le but d’interpeller le plus grand nombre. Il s’agit bien au contraire d’une œuvre très cérébrale, très personnelle dans la démarche, qui concentre sa réflexion sur la mécanique interne d’appropriation de cette tragédie intime par celui ou celle qui en est victime. Ce film-thérapie à la construction narrative volontairement perturbante, visant ainsi à refléter le processus mental s’opérant ici chez l’héroïne, rejette donc toute facilité mélodramatique dans son écriture, dégraissée, comme sa réalisation, sèche et directe. Un choix déterminant, qui constitue à la fois la grande force d’une entreprise indiscutablement intègre et dépourvue de tout pathos, mais aussi sa faiblesse, dans le sens l’on n’est jamais vraiment invité à s’impliquer émotionnellement. Intelligent, juste mais un peu sec, un film presque trop personnel en définitive.

WELCOME TO ARROW BEACH (1973)

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Manu  le 24/03/2020 à 19:09
Réalisé par Laurence Harvey
Avec Laurence Harvey, Joanna Pettet, Stuart Whitman, John Ireland, Meg Foster.
Film américain
Genre : Epouvante
Durée : 1h 34min.
Année de production : 1973

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Welcome to Arrow Beach est la seconde et ultime réalisation de l’acteur anglais Laurence Harvey. Le film est écrit par Wallace C. Bennett, qui collaborera par la suite aux scripts de deux pierres angulaires du cinéma américain de la fin des années 70, Days of heaven et Blue collar. Il s’agit par ailleurs du premier des 5 titres cinématographiques réunissant à l’écran les acteurs Stuart Whitman et John Ireland. Dernière apparition à l’écran de Laurence Harvey, qui s’octroie un rôle initialement offert à Stuart Whitman - rôle faisant d’ailleurs curieusement écho à celui qu’il tenait dans le Manchurian candidate de John Frankenheimer - ce Welcome to Arrow Beach a tout de l’ovni ciné 100% seventies, fruit d’une époque où l’on n’avait pas peur de désarçonner le public en mélangeant les genres et faisant fi du bon gout. Et déconcertant, Welcome to Arrow Beach l’est certainement dans ses ruptures de ton, son rythme et la construction même de son récit. Voilà donc un titre joyeusement foutraque qui navigue un peu à vue entre le suspense, l’épouvante gore, le drame juvénile et la satire sociale, semblant par moment vouloir dénoncer la corruption morale des élites et institutions - dont une police pour l’essentiel composée d’incapables et d’abrutis – tout en célébrant, à contrario, une jeunesse plus saine et avisée qu’on ne le pense. Anticonformisme de circonstance - rien dans la carrière d’Harvey ne préparant vraiment à cette chose ? Impossible à dire, mais c’est aussi ça, quelque part, qui fait le charme unique de cette curiosité souvent maladroite - l’ambiance musicale, jazz smooth, parfois guilleret, et love song sur les génériques de début et fin, demeure dans l’ensemble en total décalage avec les images - mais solidement interprétée et indéniablement efficace dans ses quelques « tranchants » éclairs de violence. Bref, une bizarrerie totale, brouillonne, voire déconcertante dans le discours, mais soignée dans sa forme, au casting bis de premier choix, et qui clôt finalement avec un certain panache la carrière pas toujours très exaltante de Laurence Harvey.

MEN IN BLACK: INTERNATIONAL (2019)

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Manu  le 24/03/2020 à 15:21
Réalisé par F. Gary Gray
Avec Chris Hemsworth, Tessa Thompson, Rebecca Ferguson, Liam Neeson, Emma Thompson.
Film américain
Genre : Science-fiction
Durée : 1h 54min.
Année de production : 2019

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Men in black : International est le dixième long métrage cinématographique de l’ex-clippeur F. Gary Gray. Ce quatrième opus de la franchise des MIB est écrit par le binôme Matt Holloway / Art Marcum, précédemment derrière les scripts de l’Iron man de Jon Favreau et du Transformers: The Last knight de Michael Bay notamment. Le film se situe dans la carrière de Chris Hemsworth entre le Avengers: Endgame des frères Russo et Jay and Silent Bob reboot, signé par Kevin Smith. Sans pour autant avoir généré de très grands films, on peut tout de même reconnaitre que la franchise MIB avait jusqu’à présent fait preuve d’une appréciable constance qualitative, avec, sous la direction de Barry Sonnenfeld, des titres similairement agréables, faisant parfois preuve d’une ironie et d’un décalage fort agréable dans l’univers très cadré du blockbuster américain. En d’autres termes, rien d’exceptionnel, mais de grosses productions plutôt sympathiques, amusantes et dotées de ce petit brin d’anticonformisme propre au réalisateur de The Addams family. Soit à peu près tout ce que l’on ne retrouve pas dans cette quatrième aventure, formatée à l’extrême, jusqu’à ne plus ressembler à rien, à force d’essayer de plaire à tout le monde. Lorgnant autant du côté de Bourne que Bond, des films de super-héros que du classique buddy movie comique, avec une touche de romance plaquée à la va-vite sur l’intrigue et un discours féministe extrêmement insistant, visant clairement à s’octroyer les faveurs de la génération #MeeToo, ce Men in black: international en oublie ainsi très rapidement son but premier : raconter quelque chose d’intéressant. L’intrigue n’a donc aucune consistance, tombant en outre largement à plat du côté de l’humour - forcement inoffensif afin de ne froisser personne - et ce n’est malheureusement pas du côté de la réalisation que viendrait le salut ici. Quoi que signataire d’honorables divertissements par le passé (The Italian job ou Be cool), F. Gary Gray n’a déjà pas la modeste personnalité de Sonnenfeld à la base, mais il se voit de toute façon intégralement muselé par son scénario catalogue de ventes, incluant par ailleurs d’interminables et ennuyeuses scènes d’action à effets numériques. Comment réussir à s’exprimer en pareilles circonstances ? Bref, un fiasco presque intégral, à zapper dans les carrières de tous ceux qui s’y sont risqués. Et une franchise clairement partie dans le mur, pour l’instant.

THE OFF HOURS (2011)

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Manu  le 24/03/2020 à 09:03
Réalisé par Megan Griffiths
Avec Amy Seimetz, Ross Partridge, Scoot McNairy, Tony Doupe, Alycia Delmore.
Film américain
Genre : Drame
Durée : 1h 33min.
Année de production : 2011

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The Off hours est le second long métrage cinématographique de la cinéaste indépendante, native d’Athens, dans l’Ohio, Megan Griffiths. Ecrit par Griffiths, le film marque la première rencontre à l’écran des acteurs Amy Seimetz et Scoot McNairy, qui se croiseront de nouveau 5 ans plus tard sur l’épisode « NIM » de la série Halt and catch fire. Il a été présenté hors compétition à Sundance en 2011. Tranches de vie nocturnes se croisant au sein d’un « resto routier » de la banlieue industrielle de Seattle, The off hours n’est pas un titre qui respire l’allant et la joie de vivre. Cette languissante balade indie joue en effet essentiellement la carte du spleen existentiel, et il faut bien reconnaitre que, confronté à cette ambiance pour le moins morose et, à l’image des parcours personnels ici évoqués, stagnante, on finit par jeter régulièrement l’œil sur la montre. Maintenant, pour qui souhaite se faire un petit trip dépressif, ces Off hours se présentent assurément comme un parfait candidat cinématographique, bien interprété, joliment filmé, correctement écrit. Un film qui ne vend pas du rêve donc, mais qui assume au moins son état d’esprit - 100% indie - jusqu’au bout.

JETT (SEASON 1 - TV) (2019)

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Manu  le 22/03/2020 à 18:19
Réalisé par Sebastian Gutierrez
Avec Carla Gugino, Giancarlo Esposito, Elena Anaya, Lucy Walters, Greg Bryk.
Série américaine en 9 épisodes
Genre : Policier
Durée : 9h 10min. environ
Année de production : 2019

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Diffusée en avant-première sur la chaîne câblée Cinemax entre le 14 juin et le 09 aout 2019, la première saison de Jett marque la neuvième collaboration du réalisateur d’origine vénézuélienne Sebastian Gutierrez avec l’actrice Carla Gugino, par ailleurs sa compagne à la ville. Celle-ci se situe dans la filmographie de Gugino entre ses participations aux séries The Haunting of Hill house, créée par Mike Flanagan, et Manhunt, interprétée par Sam Worthington et Paul Bettany. Sebastian Gutierrez revient une fois encore au film noir après Judas kiss en 1998 et Hotel noir en 2012. Mais cette fois sous le format longue durée de la série, lui permettant potentiellement de prendre son temps, fouiller davantage ses personnages, travailler son ambiance, creuser toutes les possibilités offertes par son récit. Autant de perspectives nouvelles que, curieusement, Gutierrez n’exploite finalement pas tant que ça, préférant jouer la carte d’une efficacité narrative toute cinématographique. Jeff est ainsi une série qui repose avant tout sur la patate affichée, et jamais prise au dépourvu, d’une intrigue fertile en rebondissements surprenants et personnages colorés. D’où ce mélange de satisfaction - face à un ensemble très dynamique, d’une incontestable cohérence de style (Gutierrez signe l’intégralité des épisodes) comme d’écriture, maniant l’humour à froid avec un certain talent - de frustration, liée à l’absence de recours aux atouts propres à la série, précédemment citée, avec des personnages finalement sans véritable relief et un univers criminel en définitif pas si travaillé que ça. Globalement très fun, et très mode dans son discours féministe offensif, avec une Carla Gugino se hissant aisément à la hauteur des ambitions affichée par l’entreprise, mais un peu vide dans le fond. Pas sûr que je sois de la partie en cas de seconde saison…

THE BEACH BUM (2019)

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Manu  le 22/03/2020 à 12:15
Réalisé par Harmony Korine
Avec Matthew McConaughey, Snoop Dogg, Isla Fisher, Martin Lawrence, Zac Efron.
Film américain
Genre : Comédie dramatique
Durée : 1h 35min.
Année de production : 2019

Critique cinema   Critique film de Manu

The Beach bum est le sixième long métrage de fiction du producteur, scénariste, réalisateur et acteur Harmony Korine. Le film se situe dans la carrière de son interprète principal, Matthew McConaughey, entre le suspense Serenity de Steven Knight et la comédie Between two ferns: The movie, dans laquelle l’acteur texan joue son propre rôle. 7 ans après son très contesté Spring breakers, l’iconoclaste Harmony Korine persiste et signe dans la rebelle attitude. The Beach bum semble en tout cas confirmer qu’il n’est pas (encore) prêt à s’assagir, même si, sur le papier, avec notamment son très hollywoodien casting, ce nouvel opus nous amenait à penser qu'il s'agissait là un essai nettement plus conventionnel que ses précédents travaux. Alors certes l’œuvre se révèle relativement classique dans sa narration, et d’une façon générale moins ouvertement arty que les travaux antérieurs de Korine. Mais ce goût de la provoc cher au cinéaste, mixant vulgarité et régression, est bien toujours là, lui. Et plus insidieux sans doute que dans tout ce que Korine a pu proposer jusqu’à présent. Car se raillant ici du clinquant, de l’hypocrisie et du conformisme avec des moyens touchant pour une fois au très confortable, voire luxueux. Pour l’accompagner dans sa démarche limite autodestructrice, qui ne manquera évidemment pas d’en exaspérer plus d’un, Korine peut en outre compter sur l’engagement total d’un Matthew McConaughey plus savoureusement cabotin que jamais, par ailleurs excellemment entouré. Plaisir semi-coupable total aux yeux des uns, rejet immédiat pour les autres au contact de cette écriture et réalisation tout en excès, agressivité visuelle, verbale et auditive, The Beach bum est ainsi un titre à très forte personnalité, sorte de célébration d’une certaine idée du mauvais gout qui, tout comme Spring breakers, n’entend pas faire le moindre prisonnier. J’avoue en tout cas m’être laissé largement emporté par son énergie débridée et sa malice pamphlétaire.

WHY ME? (1984)

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Manu  le 20/03/2020 à 07:46
Réalisé par Fielder Cook
Avec Glynnis O'Connor, Armand Assante, Craig Wasson, Bruce Abbott, Annie Potts.
Téléfilm américain
Genre : Drame
Durée : 1h 40min.
Année de production : 1984
Titre français : l'opération de la dernière chance

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Why me? se situe dans la carrière du pionnier de la télévision américaine Fielder Cook entre une autre « true story » signée pour le petit écran, Will there really be a morning ?, biopic consacré à l’actrice Frances Farmer, et la mini-série Evergreen, d’après le best-seller éponyme de Belva Plain. Il s’agit de la seconde collaboration du téléaste avec la scénariste Dalene Young, après Will there really be a morning?, seconde également avec le compositeur Billy Goldenberg (après Will there be… là-encore). Cette évocation du parcours médical de la véritable infirmière militaire Leola Mae Harmon, défigurée suite à un accident de voiture, relève du classique produit télévisuel US des années 80. L’ensemble suit les codes de ce type de mélodrame à caractère social sans jamais se fourvoyer, que ce soit du côté de l’écriture, sans grande subtilité mais relativement sobre, toujours informative et soignée, du côté de la réalisation, fonctionnelle, directe, clairement « à l’ancienne », ou de l’interprétation, impliquée et convaincante. Rien de transcendant donc - comme d’habitude chez Fielder Cook - aucune surprise, à part peut-être celle de retrouver un Armand Assante en mode beau gosse, une prestation venant nous rappeler que l’acteur mérite mieux que les rôles de gros bras qu’on lui assigne quasi exclusivement depuis une vingtaine d’années, mais de l’honnête ouvrage, aujourd’hui 100% vintage, qui sait retenir à peu près toute notre attention 100 minutes durant.

BIG LITTLE LIES (SEASON 2 - TV) (2019)

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Manu  le 12/03/2020 à 19:22
Réalisé par Andrea Arnold
Avec Reese Witherspoon, Nicole Kidman, Meryl Streep, Shailene Woodley, Laura Dern.
Série américaine en 7 épisodes
Genre : Drame
Durée : 5h 34min.
Année de production : 2019

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Initialement diffusée du 09 juin et 21 juillet 2019, cette seconde saison de Big little lies propose, tout comme la première, 7 épisodes d’environ 45 minutes, tous réalisés par la britannique Andrea Arnold. Quant au québécois Jean-Marc Vallée, unique réalisateur de la première saison, celui-ci assure la fonction de producteur exécutif, aux côtés de Reese Witherspoon notamment. Notons enfin que Nicole Kidman et Meryl Streep sont ici réunies pour la seconde fois à l’écran, 17 ans après le The Hours de Stephen Daldry. Difficile de rebondir pour David E. Kelley et ses Big little lies après une première saison d’un niveau qualitatif aussi élevé, proposant une histoire qui n’appelait pas particulièrement de suite. La déception causée par cette saison numéro 2 ne présente donc rien de très étonnant. Au fil d’une narration moins tenue, on ne retrouve en effet jamais la même émotion, la même implication que celle ressentie au cours de la première saison, réalisée qui plus est avec bien plus d’inventivité dans la construction du récit comme d’acuité dans le regard, par Jean-Marc Vallée. Maintenant, soyons honnête, cela ne tient pas non plus d’un gros cafouillage façon Westworld et sa bordélique saison 2 par exemple. Il y a tout de même dans cette intrigue quelques séduisantes pistes narratives, comme tout ce qui touche au personnage de Meryl Streep, buvant visiblement du p’tit lait à son rôle un peu « larger than life » mais non dépourvu d’ambiguïté de méchante belle-mère, et surtout une idée scénaristique bien sentie : celle d’axer l’ensemble sur le mensonge entérinant la première saison, et les conséquences de celui-ci sur chaque personnage, les différentes façons de composer avec. Tout à fait honorable donc, tenu par une interprétation de haut vol, mais bien plus quelconque du côté de la réalisation, un peu décousu et ronronnant dans l’écriture, et, pour résumer la chose, loin de la claque que constituait la première saison

INTO THE WEST (TV) (2005)

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Manu  le 12/03/2020 à 17:34
Réalisé par Robert Dornhelm, Sergio Mimica-Gezzan, Jeremy Podeswa, Timothy Van Patten, Michael W. Watkins, Simon Wincer
Avec Irene Bedard, Matthew Settle, Sheila Tousey, Warren Kole, Skeet Ulrich.
Mini-série américaine en 6 parties
Genre : Western
Durée : 9h 12min.
Année de production : 2005

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Into the west est une mini-série en 6 parties coproduite par Dreamwork Television et initialement diffusé à la télévision américaine entre le 10 juin et le 22 juillet 2005. Elle compte parmi ses producteurs exécutifs Steven Spielberg et le dramaturge William Mastrosimone, ce dernier par ailleurs scénariste principal de cette anthologie de l’Ouest. Un petit peu déçu par cette mini-série de prestige dont j’attendais probablement trop. J’ai effectivement déjà trouvé la forme moyennement engageante, très télé des années 80, très sage au regard du budget investi dans l’aventure et en comparaison d’autres séries télé tournées par HBO à la même époque (cf. Deadwood). Into the west m’a ensuite paru reposer sur une dramaturgie là aussi peu moderne et inventive, peuplée notamment de personnages légèrement « soap-opératiques » d’une autre époque. Des réserves difficiles à ignorer donc, concernant cet Into the west, mais un ensemble qui se laisse malgré tout suivre avec intérêt, réservant tout de même quelques beaux moments d’émotion et, surtout, gagnant progressivement un brin de personnalité dans sa tonalité résolument sombre, liée au recentrage du récit sur un génocide indien évoqué sans édulcoration aucune. En résumé, une honnête saga historico-westernienne, tout à fait recommandable mais pas indispensable.

DOCTEUR PETIOT (1990)

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Manu  le 12/03/2020 à 09:20
Réalisé par Christian de Chalonge
Avec Michel Serrault, Pierre Romans, Bérangère Bonvoisin, Zbigniew Horoks, André Julien.
Film français
Genre : Drame
Durée : 1h 42min.
Année de production : 1990

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Docteur Petiot est le sixième long métrage cinématographique de Christian de Chalonge. Le film est écrit par de Chalonge et Dominique Garnier, précédemment scénariste de La Femme publique d’Andrzej Zulawski, avec lequel de Chalonge collaborera encore à 5 reprises par la suite. Il marque la troisième association entre le cinéaste et son acteur fétiche, Michel Serrault, après L’argent des autres en 1978 et Malevil, 3 ans plus tard. Unique film produit par Michel Serrault tout au long de sa riche carrière, Docteur Petiot est certes avant tout le film d’un comédien, ici au son top niveau, totalement habité par un personnage dont il explore, et grossit avec un art consommé du cabotinage, toute les facettes. Mais, à côté de ce festival Serrault, c’est aussi une œuvre au ton très personnel, dans laquelle on retrouve à l’évidence le gout prononcé de son auteur, Christian de Chalonge, pour le fantastique, du bizarre et du grotesque. Alors, même si l’on se dit bien que, comme pour son précédent Malevil, Christian de Chalonge passe tout de même à côté de quelque chose de beaucoup plus fort, l’ensemble hésitant à affirmer ouvertement son amour d’un certain cinéma de genre, tout comme manquant un peu de rigueur dans la gestion de son « monstrueux » comédien principal, on sort tout de même discrètement impressionné par ce titre à la fois savoureux et effrayant, sortant des sentiers battus du biopic à la française, à ranger quelque part entre les plus bringuebalants essais fantastique de Mocky et les pamphlets sociétaires d’un Alain Jessua.

WAR ON EVERYONE (2016)

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Manu  le 12/03/2020 à 07:45
Réalisé par John Michael McDonagh
Avec Alexander Skarsgård, Michael Peña, Theo James, Tessa Thompson, Caleb Landry Jones.
Film anglais
Genre : Policier
Durée : 1h 38min.
Année de production : 2016
Titre français : War on everyone - Au-dessus des lois

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War in everyone est le troisième long métrage cinématographique du scénariste et réalisateur anglais John Michael McDonagh. Le film se situe dans la carrière du beau gosse, compatriote de McDonagh, Theo James entre le drame d’Andrew Renzi, The Benefactor, avec Richard Gere, et l’Allegiant de Robert Schwentke, troisième volet de la franchise des Divergent. Pas de doute, John McDonagh possède une patte du genre à ne laisser à peu près personne indifférent. Un style passant par une écriture au centre de tout, maniant le verbe avec aisance et plus particulièrement l’ironie noire suapoudré d’une petite touche d’absurdité. Ce qui s’avère souvent une une aubaine pour les acteurs recrutés à l’occasion, que l’on se souvienne seulement de Brendan Gleeson, excellent dans The Guard et Calvary, les 2 précédents long de McDonagh. Ici le brio des dialogues contamine incontestablement le jeu du trio Skarsgård/ Peña / James, tous les 3 réjouissants. Et permets accessoirement de rendre divertissant une comédie policière à laquelle manque cependant une chose essentielle : du sens. Car si l’on ne peut que s’incliner devant son art de la répartie, cet sorte de Lethal weapon trash nous laisse tout de même sur le sentiment un chouia désagréable d’un petit délire cinématographique provocateur qui ne rime pas à grand-chose. Bref, un film fun, marrant sur le moment, mais dont on ne retient finalement rien ou presque. Attention, John Michael McDonagh va devoir se ressaisir car tout cela ne va pas dans le bon sens !

FENG HUO FANG FEI (2017)

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Manu  le 08/03/2020 à 20:43
Réalisé par Bille August
Avec Emile Hirsh, Yifei Liu, Fangcong Li, Cary Woodworth, Vivian Wu, Yikuan Yan.
Film chinois
Genre : Drame
Durée : 1h 37min.
Année de production : 2017
Titre français : The Lost soldier

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Feng huo fang fei est le dix-septième long métrage cinématographique de Bille August. Cette production chinoise marque la troisième collaboration du cinéaste danois avec l’ancien acteur et scénariste sud-africain Greg Latter, à qui l’on doit notamment les scripts de Delta force 3: The Killing game et Cyborg cop, tous 2 signés Sam Firstenberg. Du Groenland (Smilla’s sense of snow) à l’Afrique du sud (Goodbye Bafana) en passant par les Etats Unis (Return to sender), le Maroc (Jerusalem (!)) ou le Portugal (The House of the spirits (!!)), Bille August nous aura fait voir du pays au cours de ces 25 dernières années, à défaut sans doute de nous offrir de grands films. Le voilà donc qui pose sa caméra en République populaire de Chine pour ce drame de guerre mêlant suspense et romance, grande et petite Histoire. Et, pour qui fréquente un peu son cinéma, pas de grosse surprise : Feng huo fang fei donne dans le très appliqué, la belle image et les grands sentiments balancés sans jamais craindre d’en faire trop dans le sirupeux tire larmes. Au moins peut-on dire que Bille August s’est forgé une sorte de style, envers et contre toutes les sévères critiques essuyées au fil des années. Le gars n’a définitivement pas peur du mélo à l’eau de rose, quitte, au passage, à servir docilement la soupe à ses commanditaires (cf. ici le traitement caricatural réservé au vil envahisseur japonais). Divertissement balourd et manipulateur mais dépaysant, Feng huo fang fei ne s’appréciera donc qu’à la nécessaire condition d’adhérer à son aspect naïf et légèrement suranné. Clairement pas un film très subtil ni véritablement recommandable, mais pas le pire d’August non plus.

KILLJOY (TV) (1981)

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Manu  le 08/03/2020 à 16:07
Réalisé par John Llewellyn Moxey
Avec Kim Basinger, Robert Culp, Stephen Macht, Nancy Marchand, Ann Dusenberry.
Téléfilm américain
Genre : Thriller
Durée : 1h 36min.
Année de production : 1981
Titre français : Le Fouineur

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Killjoy est l’un des 3 films télé de l’anglais John Llewellyn Moxey signés pour la petite lucarne US au cours de la seule année 1981. Ecrit par Sam H. Rolfe, coscénariste du classique The Naked spur d’Anthony Mann et figure importante du petit écran américain des années 60, ce téléfilm se situe dans la carrière de Kim Basinger entre le drame musical Hard country de David Greene et le film d’aventure Mother lode, interprété et réalisé par Charlton Heston. John Llewellyn Moxey ayant démontré tout au long de sa carrière une aptitude certaine à travailler les codes du suspense horrifique, on ne s’étonnera pas que le meilleur de ce Killjoy soit à aller chercher du côté de la mise en scène. Celle réserve en effet quelques bons moments de tension et mystère, orchestrés avec, en la matière, l’assurance tranquille des vieux pros venus d’Europe. Dommage par conséquent que ce savoir-faire dépourvu de toute appétit ostentatoire pour le coup de théâtre ne s’applique pas non plus au script de Sam Rolfe. Car si celui-ci ménage plutôt bien son suspense, il glisse également plus que de raison dans le rocambolesque. Un déficit de sobriété que l'on retrouve du côté de l’interprétation, non dépourvue de saveur mais un tantinet appuyée, il faut bien l'admettre. Bref, avec un chouia plus de rigueur, on tenait là un petit classique télé de son époque. Tel quel, Killjoy se cantonne à n’être qu’un agréable whodunit, élégamment réalisé, typique de son époque.

LE STAGIONI DEL NOSTRO AMORE (1966)

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Manu  le 08/03/2020 à 09:11
Réalisé par Florestano Vancini
Avec Enrico Maria Salerno, Anouk Aimée, Jacqueline Sassard, Valeria Valeri, Gian Maria Volontè.
Film italien
Genre : Drame
Durée : 1h 40min.
Année de production : 1966

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La Stazione del nostro amore est le quatrième long métrage de fiction du documentariste de formation Florestano Vancini. Le film est écrit par Vancini et l’écrivain, scénariste et poète Elio Bartolini, collaborateur de Michelangelo Antonioni sur Il Grido, L’Avventura et L’Eclisse. Notons que Vancini et Bartolini avaient également déjà travaillé ensemble, sur le troisième long de Vancini, La Calda vita. Sur le papier, voilà un titre plutôt prometteur, se présentant comme la somme des précédents travaux de son auteur, avec d’un côté l’ambition de nous plonger dans l’Histoire politique italienne des 4 décennies précédentes, tout comme l’avait fait le premier essai fictionnel de Vancini, La Lunga notte del ’43, film dans lequel apparaissaient déjà Enrico Maria Salerno, et de l’autre, l’envie de creuser cette veine existentialiste lancée au tournant des années 60 par le cinéma d’Antonioni et à laquelle Vancini avait déjà gouté via son attachant La Calda vita. La Stazione del nostro amore nous raconte ainsi l’histoire d’un homme d’engagement, journaliste communiste quarantenaire ayant combattu le fascisme dans ses vertes années, qui, quitté par sa maîtresse, perd ses repères et, à l’heure de la remise en question, s’en retourne sur sa terre natale. Vaste programme qu’il aurait été nécessaire d’approcher avec une subtile dose de mystère, susceptible de refléter l’insondable malaise du personnage principal. Malheureusement, Vancini opte pour un traitement beaucoup plus sage, et si la forme, très élégante, peut encore séduire, cette écriture qui explique tout, cette réalisation poseuse, qui surligne constamment le mal-être pour finalement sombrer dans l’académisme intello, ne font que rapidement susciter l’agacement là où devait naître le trouble. Bref, une franche déception au regard des honorables précédents travaux de Florestano Vancini, déception quelque part annonciatrice des ratages subséquents du réalisateur (je pense là au tout aussi ambitieux et au moins aussi pesant Un dramma borghese, signé 12 ans plus tard).

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