CHILD'S PLAY (1972)
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Manu le 10/07/2017 à 15:36
3.3
Réalisé par Sidney Lumet
Avec James Mason, Robert Preston, Beau Bridges, Ron Weyand, Kate Harrington.
Film américain
Genre : Suspense
Durée : 1h 40min.
Année de production : 1972
Titre français : Les Yeux de Satan
Musique : Michael Small
Avec James Mason, Robert Preston, Beau Bridges, Ron Weyand, Kate Harrington.
Film américain
Genre : Suspense
Durée : 1h 40min.
Année de production : 1972
Titre français : Les Yeux de Satan
Musique : Michael Small
Avis rédigé par Manu
| le .
| Note : 3.3
Dans son référentiel « Making movies », Sidney Lumet n’est pas tendre avec ce Child’s play, un fourvoiement ne fonctionnant tout simplement pas à l’écran, selon lui. Et j’avoue que j’en gardais moi-même le souvenir d’un suspense psychologique teinté d’épouvante statique et proprement assommant. Pourtant, voilà que cette révision quelques 30 ans plus tard me conduit à un jugement bien moins sévère que celui de son auteur-même.
Certes Child’s play demeure un Lumet mineur, souvent un peu trop bavard et ne parvenant jamais vraiment à exploiter de façon pleinement satisfaisante l’aspect quasi horrifique de son sujet (Lumet parlant, lui, davantage d'atmosphère « gothique »). Problème d’écriture ou, plus en amont, de doute quant au potentiel de ce récit très ambitieux, et cependant tout à fait stimulant dans son mélange de genre ? On sent en tout cas que ça bloque quelque part dans l’approche, et que l’ensemble se cherche sans jamais véritablement se trouver.
Maintenant, aussi hésitante puisse-elle être dans son traitement scénaristique et cinématographique, l’œuvre n’en reste pas moins d’une richesse tout à fait notable à bien des égards. Déjà, si la mise en scène ne trouve peut-être jamais tout à fait la bonne approche, elle se montre quand même très affutée sur certaines séquences, constamment inventive et malgré tout porteuse d’une bonne ambiance claustrophobe / paranoïaque. A ce titre, le film s’avère donc déjà un vrai plaisir pour l’initié.
Par ailleurs, on sait que, chez Lumet, les acteurs se voient très souvent admirablement mis en avant par la réalisation, et Child’s play ne fait pas exception à cette règle. Le film offre ainsi à James Mason, en professeur rigide se sentant (à tort ou à raison) martyrisé par son entourage et ses élèves, une belle occasion de démontrer toute l’étendue de son jeu. Et l’acteur se révèle impérial dans sa partition (comme il le sera à nouveau 10 ans plus tard dans The Verdict, un Lumet d’exception, celui-là).
Autres atouts du film, l’éloignant un peu plus encore du ratage total évoqué par Lumet et la critique en son temps : sa savante photographie de Gerald Hirschfeld, et une passionnante, si volontairement inconfortable, partition musicale de Michael Small. Bref, un titre assurément fragile dans ses fondements mais néanmoins tout à fait recommandable au sein de l’œuvre de son grand réalisateur.





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