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Mark L. Lester

(1.59)



La subtilité n’est à l’évidence pas son point fort. Et il n’y a guère que lorsqu’il joue la carte de l’humour et de la dérision qu’il arrive à un résultat satisfaisant. Ainsi, bien que considéré avant tout comme un (petit) spécialiste du film d’action, ses rares réussites appartiennent toutes au registre de la comédie (Armed and dangerous) où à ses dérivés, comme le film d’action semi-parodique (l’énorme Commando, sans doute le film le plus célèbre de Mark L. Lester). Quant à son « chef d’œuvre », le délirant Class of 1984, avec sa bande de néo-punk terrorisant un prof dans un lycée quasiment post-apocalyptique, il est bien évidemment à prendre uniquement au second degré.

Hormis les trois films pré-cités, il convient également de sauver de son abondante filmographie le brutal et, là-encore, teinté d’humour noir Night of the Running Man. On y retrouve la patte nerveuse, sans nuance certes mais sans concession non plus, du réalisateur de Commando qui, une fois n’est pas coutume, se voit confié là un scénario plutôt bien ficelé et s’offre les services de vraies « gueules » du cinéma d’action américain telles que Scott Glenn (ici en tueur à gage, sadique bien évidemment) et John Glover.

Quant au reste, il n’est donc pas brillant. On ne peut cependant juger de ses premiers films, invisibles ici. Disons que toutes ces petites productions ont visiblement l’air de suivre les modes d’alors puisque s’y croisent intrigues à base de course-poursuite entre camionneurs et forces de l’ordre, histoires de couple en cavale et autre comédies teenagers sur fond de musique disco et de planches à roulette (avec Linda Blair en vedette). L’un des seuls films de cette période diffusés en France (il y a une bonne dizaine d’années maintenant), Gold of the Amazon Women, réalisé pour la télévision, n’avait en tous les cas rien de très marquant, tant au niveau de son contenu, tout juste sympathiquement anachronique (des aventuriers découvrent au fin fond de la jungle un peuple d‘amazones), que de sa forme, conforme aux standards télé de l’époque.

Les années 80 vont marquer l’apogée de sa carrière. En particulier l’année 1981, qui, d’une part, le voit produire The Funhouse de Tobe Hooper, l’un des meilleurs slashers movies de la vague post-Halloween et, dans la foulée, réalisé l’hystérique et réjouissant Class of 1984 cité plus haut. Arrive alors le temps des grosses productions avec, tout d’abord, l’exécrable Firestarter, produit par Dino DeLaurentiis. Cette adaptation d’un roman de Stephen King, l’une des pires jamais réalisés pour le cinéma, valait juste le coup d’œil pour la contre performance de l’ensemble de ses acteurs, George C. Scott, Drew Barrymore, Martin Sheen et Moses Gunn rivalisant de cabotinage au sein d’un océan de clichés. Comprenant peut-être alors qu’il ferait mieux de ne pas trop se prendre au sérieux, Mark L. Lester va ensuite nous livrer le nettement plus sympathique Commando, dans lequel Arnold Schwarzenegger, dans sa période pré-blockbuster, mettait une touche finale à son style maison, fait d’humour décalé à base de violences outrancière (mais jamais trop graphique) et de petites vannes concluant chacunes de ses interventoins musclées.

Enfin, dernier film de cette période, le pas très fin mais souvent fort drôle Armed and dangerous. Ecrit par Harold Ramis et Peter Torokvei, et servi par un joli casting (John Candy et Eugene Levy dans les rôles principaux, secondés par une belle brochettes de têtes familières, de Robert Loggia à Kenneth McMillan en passant par Don Stroud, Meg Ryan, Brion James, Jonathan Banks, Steve Railsback, James Tolkan ou encore Tom « Tiny » Lister, Jr.), cette comédie reprenant le thème favori de Mark L. Lester, l’auto-défense, enchaînait avec une bonheur inégal les plaisanteries plus ou moins énormes dans le but évident de séduire le public de la série alors triomphante des Police Academy. Le résultat, un petit divertissement efficacement emballé, aurait pu inciter Mark L. Lester à persévérer dans le genre. Il n’en fera rien et va même bizarrement ne rien signer pendant quatre ans suite à ce film, pour revenir en force dans les années 90, à raison d’un, voire deux films par an.

Son retour s’opère sur un projet certes plus mercantile qu’artistique (d’autant qu’il est également producteur de l’affaire) mais néanmoins intriguant : une suite à son Class of 1984. L’idée de base du scénario de Class of 1990 est plutôt astucieuse puisqu’elle inverse les rapports de force du premier opus en imaginant un futur dans lequel, pour des raisons sécuritaires, les professeurs seraient remplacés par des robots. Quant au casting, réunissant Stacy Keach, John P. Ryan, Malcolm McDowell et Pam Grier, il avait de quoi séduire n’importe quel amateur de cinéma d’action digne de ce nom. Malheureusement, le résultat tient du ratage presque intégral. A la fois confus dans son propos – mélange de sérieux et, plus rarement, de franc délire à la façon du film original - et laborieux dans son développement, Class of 1990 n’arrive même pas à exploiter correctement son généreux casting, et semble marquer le début de la fin pour Mark L. Lester, dont le style impersonnel, presque académique, dans l’action pure commence déjà à paraître bien archaïque face au cinéma asiatique ultra-inventif de John Woo et consort, alors en pleine période d’émergence du côté d’Hollywood.

Son film suivant tente d’ailleurs ouvertement de surfer sur cette vague d’influence venue de Hong-Kong. Associant le sympathique Dolph Lundgren, à cette époque au sommet de sa carrière, au fils de Bruce Lee, Brandon Lee, Showdown in Little Tokyo mixe de façon plutôt inédite deux genres très distincts : le film d’arts martiaux et le buddy movie à Lethal Weapon. Une idée plus roublarde que grandiose (qui sera d’ailleurs reprise quelques années plus tard par le trio Jacky Chan – Chris Tucker - Brett Ratner sur la série de Rush Hours), que Mark L. Lester exploite de façon ultra-routinière. Comme l’on pouvait s’y attendre, l’ensemble ne fait pas dans la nuance et suggestif. Le scénario est presque inexistant, reposant sur une suite quasi-ininterrompue de scènes d’action aussi réalistes que celles de Commando, et l’humour donne de préférence dans le bien gras. Seule surprise au sein de ce programme moyennement réjouissant : sa durée, étrangement courte (76 minutes) pour un produit calibré comme celui-ci.

Quoiqu’il en soit, Showdown in Little Tokyo demeure malgré tout nettement supérieur à la floppée de petites bandes que va nous livrer Mark L. Lester après Night of the Running Man, sa dernière œuvre notable à ce jour. Une longue série de « directs to video » allant du médiocre à l’épouvantable.

Dans la première catégorie : Hitman’s Run, énième histoire de tueur à gage repenti s’attaquant à l’organisation et dont le casting, 100% has been (Eric Roberts, C. Thomas Howell, Brent Huff), le manque de moyens et d’ambition artistique décrébilise instantanément les maigres enjeux dramatiques. Ne reste au milieu de ce néant, comme trace de la patte de son réalisateur, qu’un humour bien épais dont on se serait largement dispensé pour le coup.

Plus sérieux et plus soigné, Blowback n’est cependant pas beaucoup plus excitant. Mario Van Peeble, en flic sur les traces d’un sérial killer rescussité par quelque agence gouvernementale top-secret, y roule comme à son habitude des mécaniques du début à la fin du film et seules quelques séquences un peu gores arrivent ici péniblement à relever la sauce et éveiller l’attention.

Enfin, au rayon de l’épouvantable, citons The Ex, écrit par un Larry Cohen au plus bas de sa forme. Dans cette pitoyable copie de Fatal Attraction saupoudrée d’une pincée de Cape Fear, Nick Mancuso et sa femme, interprétée par Suzy Amis, se trouvent harcelés par une ex-compagne de monsieur - mentalement dérangée comme il se doit - laquelle finira en torche vivante allumée par le petit garçon du couple. Bref, un suspense éventé à l’intrigue prétexte à une nouvelle apologie de l’auto-défense qui, contrairement à Class of 1984, que son côté hystérico-paranoïaque rendait, volontairement ou non d’ailleurs, assez jouissif et presque politiquement incorrect, baigne dans une morale particulièrement nauséabonde.

Plus récemment, il nous est revenu un peu plus en forme avec Betrayal, une petite bande presque distrayante et, comme à son habitude, bien racoleuse. Cette histoire de flics ripoux et de tueuse à gage en cavale, peuplée d’acteurs plus ou moins sur la touche (Erika Eleniak, James Remar, Adam Baldwin, Peter Dobson, Don Swayze) et écrite par cet autre vieux routier de la série C et Z qu’est C. Courtney Joyner, semblait en effet renouer avec l’efficacité primaire sympathique d’antan du cinéaste, celui-ci insuflant un solide rythme de croisière à son film, à défaut d’en soigner la forme et le fond. Bref, un savoir-faire qui arrivait presque à nous faire oublier l’aspect fauché, le montage anémique et l’extrême platitude visuelle d’un ensemble néanmoins fermement enraciné dans l’univers sans gloire du «direct to video », univers dans lequel Mark L. Lester semble bel et bien parti pour finir sa carrière.

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2. GROUPIE  (2010)
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(1.9)
4. SACRIFICE  (2000)
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