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Joseph Sargent

(2.99)



Cette figure de prou de la télévision américaine à fait ses première armes aux côtés des Boris Sagal, William A.Graham, Paul Wendkos et autre Richard T. Heffron. Toujours très actif, à 75 ans passés aujourd’hui, il possède, à l’inverse des confrères, la caractéristique d’avoir mené une véritable carrière cinématographique dans les années 70, avec à son actif un véritable classique de cette période, le jubilatoire The Taking of Pelham One Two Three, mélange de comédie satirique et d’action pure qui devait certes beaucoup au script diablement intelligent de Peter Stone, à la distribution magistrale du film (Walter Matthau en flic du métro pince sans rire, soit le summum du anti-héros, face au toujours génial Robert Shaw et ses complices Martin Balsam, Hector Helizondo et Earl Hindman), à l’inoubliable partition musicale de David Shire mais également à la réalisation de Joseph Sargent, d’une énergie et d’une intensité qu’il ne retrouvera malheureusement jamais par la suite. Bref, une sorte de blockbuster avant l’heure sur lequel bien des production Bruckheimer devraient prendre exemple (et dont Quentin Tarantino se rappellera au moment de donner des noms à ses personnages dans Reservoir Dogs, tous désignés par une couleur comme les malfaiteurs de The Taking …).

Le reste de son œuvre pour le cinéma, s’il atteint pas les même sommets de réussite, n’en demeure pas moins très attachant, avec, réalisé un an avant The Taking of Pelham One Two Three, une œuvre beaucoup moins originale et cependant elle aussi quasi culte des années 70 : White Lightning, l’un des meilleurs véhicules bâti pour Burt Reynolds et qui annonce la triomphale (et beaucoup moins séduisante) série des Smokey and the bandit. Tout aussi indissociable de son époque - et beaucoup plus ambitieux - est son très intéressant film de science-fiction Colossus : The Forbin Project appartenant au courant des œuvres d’anticipation décrivant un futur inquiétant régenté par des ordinateurs devenus autonomes.

Son quatrième film de cinéma est en revanche assez décevant. The Hell with Heroes, notamment interprété par Claudia Cardinale, est un mélodrame sur fond de seconde guerre mondiale vieillot et sans grand intérêt.

Le film de guerre n’est d’ailleurs pas son genre de prédilection comme l’indique ses autres tentatives dans le domaine, qu’il s’agisse de MacArthur, évocation soignée mais sans relief de la vie du général éponyme, interprété par un Gregory Peck empêtré dans l’académisme poli du projet et au sein duquel seul Jerry Goldsmith, à la partition musicale, semblait s’être réellement investi. Ou bien encore de son ahurissant World War II : When lions roared, sorte de cour d’histoire accéléré, sans aucune finalité, sur les politiques menée durant la seconde guerre mondiale par Roosevelt, Churchill et Staline. Un catastrophique méli-mélo constitué d’images d’archive de la période concernée et de petites saynètes proche du roman-photo qu’interprétaient Michael Caine, Bob Hoskins et John Lihtgow, tous les trois aussi figés et expressifs que des statues de cire façon musée Grévin.

Après l’échec relatif de son MacArthur, la carrière cinématographique de Joseph Sargent va d’ailleurs marquer le pas. Goldengirl, malgré un sujet ambitieux sur les milieux de l’athlétisme professionnel et la préparation des sportifs à la veille des jeux olympiques, ne connu malheureusement qu’une diffusion confidentielle, tout comme sa comédie romantique Coast to Coast, à ce jour inédite ici. Son film suivant, Nightmares, ressemble lui déjà plus à un téléfilm qu’à une œuvre de cinéma. Ce film d’épouvante à sketch – genre casse-gueule s’il en est – s’avère aussi plat visuellement que mollasson côté rythme, la médiocrité des intrigues, pourtant écrites par des scénaristes plutôt compétents (Christopher Crowe et Jeffrey Bloom), et leur symbolisme distillé à coup de masse détruisant tout semblant d’impression de suspense ou d’angoisse et finissant de couler un ensemble dont on ne peut retenir, avec un peu d’indulgence, que la seconde histoire, mettant en vedette le toujours inquiétant Lance Henricken, en prêtre défroqué poursuivi par le diable en personne.

Enfin, le dernier essai cinématographique de Joseph Sargent dans les années 80 n’est autre que la troisième séquelle imaginée à partir du classique de Steven Spielberg Jaws. Bref, là encore un projet pas franchement stimulant, voire, artistiquement, quasi-suicidaire pour n’importe quel réalisateur, dont l’implication ne semble se justifier que par le seul espoir d’un potentiel succès commercial reposant sur la renommée du film original. Mauvais calcul malheureusement pour son cinéaste (également producteur ici), puisque Jaws : The Revenge, à la réalisation soignée nettement supérieure à celle du désastreux épisode 3 mais au scénario inexistant et aux rebondissements défiant parfois toute logique, ne trouva guère d’échos auprès du public à sa sortie.

A la télévision, les meilleurs travaux de Joseph Sargent semblent là aussi se situer du côté des années 70. Hustling est par exemple un solide téléfilm sur l’univers de la prostitution, interprété avec poigne par Jill Clayburgh et Lee Remick. Une actrice qu’il retrouvera d’ailleurs sur l’une de ses meilleures réalisations télé de la décennie suivante, le très efficace Of Pure Blood, effrayant suspense plongeant son héroïne au cœur de l’extrême droite allemande et rappelant vaguement le délirant The Boys from Brazil de Franklin J. Schaffner. Deux ans auparavant, il aura dirigé, dans son ultime rôle, le légendaire James Cagney aux côtés des tout jeunes Peter Gallagher et Ellen Barkin dans Terrible Joe Moran, mélodrame sportif honorable quoique assez quelconque. Une prestigieuse distribution et un sujet plus ou moins grave, porteur de bons sentiments et d’un message toujours positif, soit deux éléments qui vont progressivement devenir les marques de fabrication de l’œuvre de Joseph Sargent à partir de la fin des années 80.

Ainsi peut-on croiser Christopher Walken et Glenn Close au détour d’un mélodrame rural comme Skylark, Isabella Rossellini, John Lithgow et James Earl Jones au générique du très décevant Ivory Hunters, longue carte postale exotique traitant avec beaucoup de naïveté des massacres d’éléphants menés par les trafiquants d’ivoire en Afrique, ou bien encore Walter Matthau, que le réalisateur retrouve 16 ans après The Taking …, à l’occasion de The Incident, drame judiciaire bavard et globalement très académique, sur les camps de prisonniers allemands en Amérique durant la seconde guerre mondiale, période qui semble visiblement hanter son réalisateur. D’ailleurs, la même année, il signe également un aussi peu excitant Never Forget, récit académique de la procédure judiciaire menée par un rescapé de l’holocauste à l’encontre du responsable d’une organisation révisionniste américaine. L’interprétation a beau être solide – Leonard Nimoy, débarrassé de ses oreilles de Spock, y est étonnament crédible – l’ensemble demeure trop souvent lourdement démonstratif, et l’on ne peut s’empêcher de penser que, sur un sujet aussi sensible, tout cela manque tout de même cruellement d’âme et de finesse.

Ceci dit, ses travaux les plus réussis ne sont pas toujours ses plus prestigieux, et un mélodrame plus discret comme Caroline ?, à la mise en scène soignée et élégante ménageant joliment le suspense, s’avère au final plus accrocheur qu’un drame racial décoratif et ampoulé tel que A Lesson Before Dying, pourtant produit par Ted Demme pour la chaîne câblée HBO, référence en la matière, et interprété par le talentueux Don Cheadle.

Toujours pour le compte de la chaîne HBO, il a plus récemment signé une énième version de l’œuvre de Dostoevsky, Crime and Punishment, méritoire car tournée en Europe de l’Est, correctement interprétée par Patrick Dempsey et Julie Delpy mais, à la base, pas foncièrement utile, si ce n’est pour se familiariser avec ce classique de la littérature sans trop se prendre la tête.

On préfèrera d’ailleurs à cet honorable travail scolaire son Miss Evers’ Boys, à l’intrigue basée - comme presque tous les récents travaux du réalisateur - sur un authentique fait divers, ici pour le moins édifiant : description des agissements criminels du département américain de la santé dans les années 30 qui, plutôt que de soigner les populations noires du sud des Etats-Unis atteintes de syphilis, préfèra utiliser celles-ci comme cobayes dans des expériences visant à éradiquer de ce fléau. Produit et interprété par l’acteur Laurence Fishburne, et consciencieusement écrit par le vétéran Walter Bernstein, l’ensemble demeure donc intéressant, même si toujours un peu agaçant dans son académisme et ses débordements mélodramatiques donnant l’impression d’esquisser un peu hypocritement tout l’aspect polémique révoltant de son sujet.

Autant de sérieux nous ferait presque regretter le temps où Joseph Sargent savait encore s’amuser, lorsqu’il signait, avec One Spy too Many et The Spy in the Green Hat, versions cinématographiques de la série The Man from U.N.CL.E, de réjouissantes parodies de James Bond, bourrées de rebondissements farfelues, de décors délicieusement kitsch et d’interprétations mémorables dans les rangs des vilains de service (Rip Torn pour le premier, le duo Jack Palance-Janet Leigh dans le second), avec en prime, dans le cas de The Spy in the Green Hat, une étonnante dose de sadisme tendance SM au programme.

Il semble d’ailleurs être revenu au cinéma ces dernières années avec 2 obscurs titres The Wall et Salem Witch Trials, que l’on serait curieux de découvrir, même si, à vrai dire, on n’attends désormais plus rien d’extraordinaire de Joseph Sargent aujourd’hui.

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1. SWEET NOTHING IN MY EAR (TV)  (2008)
(2.9)
2. WARM SPRINGS (TV)  (2005)
(2.9)
3. SOMETHING THE LORD MADE (TV)  (2004)
(3.7)
4. THE MANIONS OF AMERICA (TV)  (1981)
(3.2)
5. COAST TO COAST  (1980)
(2.1)
6. MACARTHUR  (1977)
(2.5)
7. THE TAKING OF PELHAM ONE TWO THREE  (1974)
(3.6)
8. TRIBES (TV)  (1970)
(2.5)



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