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THE EARTHLING (1980)

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Manu le 01/11/2011 à 19:40
3.5
Réalisé par Peter Collinson
Avec William Holden, Rick Schroder, Jack Thompson, Olivia Hamnett, Alwyn Kurts.
Film australien, américain
Genre : Aventure, drame
Durée : 1h 34min.
Année de production : 1980
Titre français : Australia Kid
Musique : Dick DeBenedictis

Sortie Cinéma France : n.c.
Sortie DVD France : n.c.

Les notes

3.5



 Critique THE EARTHLING (1980)
Avis rédigé par Manu   |  le .   |  Note : 3.5
Avant dernier film du grand William Holden et ultime réalisation du britannique Peter Collinson, The Earthling est une œuvre pour le moins insolite. Filmée entre septembre et octobre 1979 dans les magnifiques montagnes de l'état de Nouvelle-Galles du Sud, au sud-est de l'Australie, il se présente sur le papier comme un pur mélodrame familial. Du moins la présence de l'enfant star Ricky Schroder, sortant tout juste du succès de The Champ, et le sujet - une histoire d’amitié entre un orphelin et un vieil homme proche de la mort - le laissent-t-il penser. Ca, c'est pour la première impression. Dans les faits, il en va cependant bien différemment …

Première constatation : pour ce qui est de l’inflexion générale du scénario, The Earthling ne boxe pas dans la catégorie fleur bleue. Le ton est grave, parfois sec, souvent rude. Il est ici question d’initiation à la survie, de passation de savoir « à la dure », et le spectateur contemporain risque fort d’être surpris par l’âpreté presque sadique qu’affiche le personnage d’Holden envers son tout jeune compagnon de route, malheureux bambin déjà fortement perturbé par la mort accidentelle de ses parents sous ses yeux.

Bref, rien qu’au niveau de l’histoire elle-même, le film ne donne pas dans le tiédasse. Et les images qui l’illustrent ne font que renforcer son caractère étonnant, voire déstabilisant. Il faut dire pour cela que la personnalité tourmentée de Peter Collinson empreigne clairement certaines séquences, telles celle, traumatisante, de l’accident du camping-car des parents de Shawn, aussi brutale que spectaculaire. A travers l’importance primordiale qu’accorde Collinson à la nature au sein du récit, une nature perçue comme hostile, face à laquelle l’homme, et plus spécifiquement le citadin moderne, doit s’adapter pour survivre, The Earthling ne va d’ailleurs pas sans rappeler Open season, l’un des précédents films du cinéaste également interprété par William Holden. Et s’il ne rivalise bien évidemment pas en cruauté avec ce titre ou, d’une façon générale, avec le reste de l’œuvre de Collinson, l’ensemble marque en premier lieu par sa noirceur et rugosité.

Maintenant, si l’on ne peut que louer la sincérité et l’intransigeance de l’œuvre, il demeure difficile de parler de franche réussite. Déjà, du côté de l’écriture, trop de zones d’ombre, d’échanges verbaux maladroits ou abscons viennent entacher le récit pour emporter l’adhésion complète du spectateur. D’autre part, comme trop souvent, Collinson souffle le chaud et le froid à la réalisation, alternant passages très inspirés en termes d’ambiance et de technique pure - le cinéaste se trouvant par ailleurs bien épaulé dans sa tâche par la crème à venir des directeurs de la photo australiens - avec de flagrants problèmes de linéarité narrative (Schroder qui se retrouve au pied de la montagne en 2 minutes après le crash du camping car de ses parents du haut d’une immense falaise !) et plusieurs séquences étonnamment bâclées, comme ce plan final de la ferme abandonnée de Foley dans lequel on distingue au loin un axe routier visiblement très fréquenté alors que la bâtisse est censée se trouver relativement isolée ! Bref, pas très sérieux tout ça ...

Par une sale ironie du sort, cette œuvre aujourd’hui largement oubliée du public va s’avérer tristement prophétique de la destinée de Peter Collinson, emporté comme le personnage central de son dernier film par un cancer, à l’âge de 44 ans, le 16 décembre 1980. Impossible cependant de savoir si l’on doit ou non appréhender The Earthling comme une œuvre testamentaire. Certains attestent que Collinson était pleinement conscient de sa maladie lorsqu’il tourna le film, tandis que sa veuve déclare (dans les bonus du DVD de The Italian Job) que son cancer ne fut découvert que mi-80, l’emportant en quelques semaines seulement. Quoi qu’il en soit, cette question parallèle en rajoute indéniablement dans l’âpreté un peu glauque caractérisant ce curieux survival familial.


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